Les collectionneurs de gadgets

Les collectionneurs de gadgets

C’est bien connu : les pêcheurs, peu importe leur âge ou leur nationalité, adorent se procurer toutes les nouveautés possibles mises en marché année après année. Une nouvelle couleur, un nouveau type de leurre, du fil haut de gamme, le moulinet dernier cri, tout est prétexte à garnir le coffre de pêche dans le but de se doter de nouvelles munitions pour capturer “le” poisson de nos rêves. Il ne faut pas oublier qu’à la longue, tous ces achats s’empilent sur notre carte de crédit et il devient difficile de tout rembourser, surtout par les temps qui courent. Sachez que, de nos jours, une cuillère d’une bonne grosseur coûte entre 4 et 6 dollars et un poisson-nageur de qualité frise habituellement les 10 dollars. Comment bien choisir les leurres requis pour le type de pêche pratiquée? Comment se retenir d’acheter tous ces bidules, inutiles la plupart du temps, qui hantent les présentoirs des différents magasins spécialisés? Difficile, me direz-vous, mais vous avez déjà la solution à votre portée.

Faire un essai routier

En premier lieu, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de faire des tests avec ce que vous avez déjà entre les mains. Très souvent, lorsqu’on commence à s’adonner à ce merveilleux loisir, on a tendance à acheter plusieurs cuillères, plusieurs leurres souples, plusieurs poissons-nageurs de différentes couleurs pour être paré à toutes les éventualités. Une fois cette première vague d’achats passée, allez faire des lancers à vos endroits favoris avec toute la quincaillerie. Il se peut fort bien que vous trouviez un leurre très efficace. Prenez-en note et allez vous procurer cet appât fétiche en plusieurs exemplaires. Finis les achats diversifiés : on ne fait que remplacer ce que l’on perd et le tour est joué!

Lire l’environnement du poisson

Si vous avez déjà fait des tests avec tout ce que vous avez sous la main et que rien n’a fonctionné, vous devrez alors passer à la phase deux de la garniture de votre coffre : la “chasse” au poisson. Vous devrez le traquer jusqu’à ce que vous trouviez le leurre qui fonctionne le mieux. La suggestion maison est de s’informer : lire des articles sur les espèces que vous voulez prendre, écouter les conversations des pêcheurs autour des sites de pêche, aller sur le net, etc. Mais attention, vous ne devez pas prendre des informations n’importe où. Par exemple, si vous allez voir un spécialiste en magasin, soyez prudent! Bien sûr, il veut vous aider, mais certains employés ont des boni à la vente. J’ai trop souvent entendu des phrases de vendeurs du genre : “Cet appât est très bon pour le doré en tout temps.” Il faut s’enlever de la tête qu’à un leurre correspond une espèce de poisson. Je crois sincèrement que parmi les aspects les plus importants à considérer se retrouvent l’espèce visée ET le lieu où elle évolue, et ce d’une manière indissociable. Le vendeur ne peut en aucun cas avoir cette information, à moins qu’il pêche les mêmes étendues d’eau que vous ET les mêmes espèces.

Par exemple, je sais pertinemment que l’achigan à petite bouche au fleuve St-Laurent ne mord pas au même type de leurre que ceux en lac. Les achigans de lacs vivent habituellement dans une eau calme, peu tumultueuse, limpide. De plus, les petites bouches de plans d’eau calmes ne fréquentent pas les nécessairement les mêmes proies et ne font pas face à la même compétition que ses consœurs du fleuve St-Laurent qui ont plus de compétition et plus de proies.

Autre exemple : la truite mouchetée dans la rivière près de chez moi ne mordra pas aux mêmes présentations que celle du lac Blanc dans la ZEC de de la Rivière-Blanche. L’eau de la petite rivière s’écoule rapidement et est peu profonde contrairement à l’eau du grand lac Blanc qui recèle des profondeurs de plus de 30 pieds où le courant est quasi inexistant. Aussi, la température de l’eau n’est pas la même à des périodes de l’année similaires. Finalement, les truites de la rivière partagent le terrain avec des ouitouches qui leur font une guerre sans merci pour la nourriture. Suite à toutes ces observations, allez trouver le leurre qui fonctionnerait, faites des essais et achetez-en de bonnes quantités.

Que vous soyez un pêcheur occasionnel ou un véritable mordu, vous pêchez souvent au même endroit malgré tout. À chaque endroit correspondra quelques types d’appât qui dépendent de l’espèce recherchée. Informez-vous! Lorsque vous aurez une bonne idée du pedigree du poisson dans son habitat naturel, allez en magasin vous emparer de ce dont vous aurez besoin. Ainsi, vous arrêterez d’acheter un nombre infini de leurres, car vous aurez maîtrisé tous les secrets de vos lacs et rivières fréquentés. Les pêcheurs sont souvent des gens routiniers qui reviennent à leurs bonnes vieilles habitudes. On essaie un nouveau leurre pas plus de 15 minutes avant de le remiser et pêcher avec ce en quoi nous avons confiance. En bout de ligne, si vous fréquentez une dizaine de plans d’eau différents et qu’à chacun de ces plans d’eau correspond une espèce visée, vous ne devriez pas exagérer et avoir 100-150 leurres dans votre coffre de pêche.

Malheureusement, le vieil adage “fais ce que je dis, pas ce que je fais” s’applique bien ici. Je me confesse : je suis un collectionneur de gadgets…

Vous pouvez aussi suivre mes aventures régionales dans mon blogue de pêche à l’adresse suivante : http://portneufpeche.com/ en cliquant sur l’onglet Blogue! Bonne lecture!

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