[Review] Daiwa Ardito Travel : Le bonheur en canne !

Pour mon équipement de pêche, je suis très exigeant. Mes contraintes sont nombreuses et je cherche toujours le meilleur rapport qualité/prix en tout. J’ai essayé une trentaine de cannes de lancer léger depuis vingt ans. Parfois quelques mois, rarement quelques années. Au terme d’une très longue recherche, je pourrais avoir trouvé la canne idéale pour moi : la Daiwa Ardito Travel. Cette pure merveille n’a cessé de m’impressionner depuis novembre dernier. Rien de moins que du bonheur. Notre note : 5/5.

Durant ces vingt années, il m’est arrivé à quelques reprises d’avoir entre les mains une canne Daiwa. J’étais généralement surpris de la qualité et de l’accessibilité : de bons produits de GBS (Gros Bon sens), solides et bien finis. J’ai un souvenir ému d’un excellent petit moulinet et d’une canne medium qui étaient tout à fait abordables et que je n’ai pas réussis à user. Un autre pêcheur doit l’utiliser encore dans le village de l’Arctique où je les ai laissés.

Je voyage beaucoup. Plus d’une fois, j’ai été encombré de cannes trop longues ou trop fragiles. Je ne suis pas particulièrement minutieux en voyage; j’en ai brisées plus d’une. D’autres ont tout simplement flanché après avoir subi un léger accroc. Voilà pourquoi je suis toujours craintif quand vient le temps de dépenser des sous pour un équipement qui a mille qualités, mais pas la solidité.

J’ai longuement “magasiné” (expression québécoise = comparé, visité des magasins, marchandé) une nouvelle canne de voyage pour finalement l’acheter via internet : une Daiwa Ardito Travel, une belle médium heavy de 7,5 pieds (un peu plus de 2 m 30). Ce calibre correspond parfaitement à la majorité des techniques que j’utilise (jig, dropshot, lipless crankbaits, etc.) et les espèces que je vise dans les belles grandes rivières et le fleuve que je fréquente. J’aime avoir de la distance, de la résistance et de la précision.

 

Un packaging exceptionnel, une finition impeccable

La canne nous est parvenue au mois de novembre dernier à partir d’un site internet des États-Unis. Première impression : WOW, quel magnifique étui! Je n’avais pas remarqué que la canne, qui se détaillait à 119 $ US arrivait avec un étui de première qualité. Comme la canne de voyage de détache en trois (3) sections, l’étui est petit, cylindrique et bien capitonné. Ce n’était que le début.

La Ardito Travel qui en sort me coupe le souffle. La finition de la poignée, placée en avant du moulinet, est exactement comme je la préfère (les cannes à moucher donnent une bonne indication, même si la comparaison est imparfaite). Les trois sections s’emboîtent avec précision et la jonction ne ressemble en rien à d’autres cannes que j’ai vues ou possédées. Le brevet que Daiwa a obtenu — V-Flex Ferrule — témoigne d’un procédé unique qui permet à la canne d’être très naturellement souple, comme si elle était d’un seul morceau. Le vernis est extrêmement résistant et le petit côté rugueux, attrayant.

 

Finesse et robustesse

Je n’en pouvais plus d’attendre; il fallait la tester immédiatement. C’est dans le Nord de la Mauricie qu’elle connut l’action pour la première fois. Sur les grandes rivières (St-Maurice, Manouane, etc.) et leurs affluents, la canne fut mise à rude épreuve : dorés, brochets et,  plus tard, achigans. Ma plus grande surprise fut sans contredit l’équilibre. J’ai choisi une medium heavy (MH) et une ligne de 15 lbs, pour faire face à des prises plus costaudes que la normale (pour moi), capables d’un beau combat. Elle s’est acquitté de sa tâche de manière admirable. La robustesse de la première moitié de la canne fut sans faille — ce que nos collègues anglophones appellent le “backbone”. La prise en main est tout bonnement excellente.

La surprise fut cependant ailleurs, soit la finesse. Encore récemment, je pêchais chez un ami qui me prêtait une Quantum de belle valeur et de calibre moyen. Ma Daiwa est plus souple et plus sensible tout en étant beaucoup plus robuste. Il ne s’agit pas seulement d’une question de calibrage de l’action (fast, etc.), mais de la manière dont Daiwa a fabriqué sa canne. À vue de nez, je dirais que c’est une question de matériau et de conception. Une canne comparable chez Fenwick ou St. Croix (même grandeur, même calibrage et même action) était plus rigide et … beaucoup plus coûteuse. J’en suis resté estomaqué ! Serais-je tombé sur le gros lot?

Là où la canne s’est franchement démarquée, ce fut avec des petits dorés ou des perchaudes. Les familiers de ces espèces savent qu’un rien peu les faire abandonner leur proie. Le pêcheur doit être à l’affût du moindre mouvement, de la moindre secousse pour ferrer son butin. La sensibilité de cette medium heavy est éblouissante. Bien sûr, on achète pas un tel calibre pour de si petits poissons, mais de savoir qu’au détour, si l’occasion se présente, on ne manquera pas ce type de prise. En finesse, elle brille, littéralement. Coupler une telle canne avec un fil tressé et un leader de fluorocarbone et je pouvais sentir la plus fine des touches… de petits poissons. Je n’avais rien vu de pareil sur une canne d’un tel calibre. Officiellement, d’autres cannes sont des MH avec action rapide, mais l’équilibre atteint par Daiwa pour la Ardito Travel est — selon mon expérience — unique !

 

La puissance et la distance

Une telle canne m’est très précieuse à partir d’un quai (sur la fleuve ou à la mer) ou lorsqu’on se retrouve devant une grande rivière. Le poids des leurres recommandés est de 1/4 à 1,0 once (un peu plus de celles des concurrents, qui se situent souvent de 3/8 à 3/4). À l’intérieur de ces balises, la charge de la canne est époustouflante; depuis une semaine, il n’est pas rare de voir s’attrouper des marcheurs derrière moi: je lance régulièrement une fois et demie, parfois deux fois plus loin que ceux qui m’entourent. Les jigs de 1/2 et 3/4 onces coupent le vent et parcourent des distances hallucinantes.

Je suis tombé en amour avec cette canne, rien de moins. Quand on pense qu’elle se détaille à une fraction du prix d’autres modèles comparables, qu’elle vient avec un étui qui vaut 20-25 $, et qu’elle laisse ses concurrents mordre la poussière, il se pourrait bien que nous soyons en face d’une petite merveille difficile à égaler. Il y a, bien sûr, une part de subjectivité dans l’appréciation d’une canne (c’est tellement personnel) et, de même, tout dépend des besoins de l’un ou de l’autre. Quant à moi, après 20 ans de recherche d’une canne tout-terrain pleinement satisfaisante, je l’ai enfin trouvée. Désormais, celle que je transporte toujours avec moi, partout et tout le temps, ce n’est rien d’autre que cette Daiwa Ardito Travel. Et je suis au comble du bonheur, car en aucun temps, jusqu’à maintenant, j’ai eu l’impression d’avoir choisi une canne “pas excellente en tout, et mauvaise en rien”. Elle remplit parfaitement toutes les missions que je lui ai confiées, je peux dire cela d’aucune autre canne.

Notre appréciation :
5/5

 


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