Techniques de pêche inusitées pour la truite et l’achigan (2/3)

[Avertissement : Que le lecteur intéressé par la truite soit patient,
car cet article commence avec une sortie à l’achigan.
Nous préférons vous en avertir.
Cette article est la suite de ce premier écrit.]

Pour accommoder un novice qui pêchait pour la première fois l’achigan — dans une zone d’éboulis avec beaucoup de troncs d’arbre immergés — j’ai pensé à une technique un peu bizarre, mais qui s’est avérée extrêmement efficace. Avec quelques adaptations et quelques jours plus tard, je teste cette approche pour la truite avec des résultats étonnants. Voici comment une idée un peu folle pour l’achigan s’est transformée en mine d’or pour la truite.

 

Photo no 1 : Berges du St-Maurice (Automne 2016)

St Maurice pointe pour la pêche

Je connais de mieux en mieux les berges de la St-Maurice. J’y ai trouvé une jolie petite pointe avec, de chaque côté, une fosse de 8 à 12 pieds (2m40 à 3m50) selon le niveau de la rivière. Du côté nord, quelques arbres sont partiellement immergés. Un novice que je tentais d’initier à l’achigan était carrément frustré : ses montages se prenaient constamment dans les branches ou les roches. Pour ne pas qu’il se décourage, j’ai pensé à une idée.

 

Photo no 2 : Montage popper + mené

Montage Achigan Pooper et jig minnow

 

J’ai pris un petit popper comme flotteur et m’inspirant de mon expérience du printemps avec des cuillères, j’ai fixé un bas de ligne en flurocarbone avec un hameçon à dropshot et un petit mené quasi fluo au bout. Dans l’eau brune de la St-Maurice, à l’ombre… qui sait? J’ai dit au novice : «  Lance ça un peu partout dans la petite baie en faisant ‘popper’ à la surface. Vas-y lentement! ». En fait, pour être honnête, je voulais l’occuper, car j’espérais pêcher tranquille de l’autre côté de la pointe.

Premier lancer : « Hey, Joël! Ça va super bien ton truc. J’ai pas resté ‘pogné’. Je pense même que j’ai eu des touches.  — Ouais, ouais, continue ! » Il lance une deuxième fois, … le popper disparaît complètement dans l’eau et la ligne se déplace à toute vitesse. « Hey, ça mord ! Ça mord ! Quessé que je fais ?!?! ». Un bel achigan saute en dehors de l’eau … et le fil se coince dans les branches d’un arbre à l’horizontal. Le poisson est un peu suspendu en dehors de l’eau. Il se débat… Pour le décoincer de là, 25 minutes que cela nous a pris. Le système à deux trépieds (sur le popper) et un hameçon N’est PAS une bonne idée dans les zones branchues.

 

Photo no 3 : Des poissons-nageurs qui flottent peuvent être très efficaces pour varier les présentations en finesse.
Sans trépied, ils ne servent alors que de “flotteur” aux offrandes immergées ;
avec trépieds, la proposition est double
et peut être très payante.
En particulier pour l’achigan.

Popper et poisson nageur flottant

 

Mais ça prouvait quelque chose que j’ai pu vérifier par la suite : un poisson-nageur — léger ! — peut servir de flotteur pour envoyer des offrandes immergées dans des zones difficiles d’accès. J’ai testé ça des dizaines de fois, toujours avec le même succès : je gagne en distance, en précision et, désormais, je peux envoyer de l’autre côté de la rivière une petite nymphe ou un vers que je présente à la hauteur que je désire. Cette technique est supérieure au flotteur conventionnel (parce que ce dernier est trop léger ou parce qu’il offre trop de résistance au vent) : distance, précision, discrétion. Et, ajoutons, elle est beaucoup plus polyvalente. Dans certaines situations, j’enlève les deux trépieds (alors le leurre ne sert que de flotteur); dans d’autres, j’en laisse un ou deux. Cette approche me permet donc de présenter, parfois très loin de moi, des offrandes très tentantes et très fines — à la surface et immergées —, tout en me laissant le loisir de ramener vigoureusement si je le souhaite. Voilà pour l’achigan.

Parlons truites, maintenant
Je n’en pouvais plus d’attendre pour essayer cela dans une petite section de la rivière Shawinigan, dans une zone où il y a de gros rochers saillants et des conditions difficiles pour les cuillères. Le congé suivant, j’arrive avec mon popper, mais j’ai des doutes… La truite, plus craintive, risque de ne pas apprécier le popper (il n’est pas petit et ne figure pas dans le menu des truites). Je retourne le petit poisson-nageur complètement et je fixe mon fil tressé à l’anneau qui est à la QUEUE du popper. “Ainsi, je ferai moins de vagues”, me suis-je dit. Et le bas de ligne, je l’ai noué dans l’œillet dans la bouche, exactement à l’envers du bon sens. Sur mon bas de ligne en fluorocarbone (5 lbs), je mets deux petits hameçons rouge no 8. J’y fixe deux criquets comme appât. Je lance mon « kit bizarre » avec ma médium légère (un petite UglyStick qui date de Matusalem), juste au pied des chutes. Bang ! Premier lancer, première truite.

 

Photo no 4 : Montage pour la truite, tel qu’essayé au printemps 2016
dans la rivière Shawinigan. La
queue de popper est fixée sur la ligne tressée de la canne.
Le bas-de-ligne est relié à la bouche 
afin de minimiser les bruits et les mouvements brusques
qui font fuir les truites.

Montage truite avec popper utilisé en guise de flotteur

 

Ce jour-jour là, j’ai vécu un après-midi de rêve. J’en ai pris une dizaine dans la première heure; je ne sais pas combien en tout. Je me suis déplacé de haut en bas sur la rivière. Certains endroits étaient désertés, d’autres, pleins de vie. Pour faire une « histoire courte » : on lance « le kit bizarre » près des chutes, des roches, directement dans le courant. J’ai appris, avec le temps, qu’il valait mieux que je le laisse dériver (comme les offrandes des pêcheurs à la mouche) plutôt que de le ramener. Cet ensemble ne s’est presque jamais coincé. Mon petit popper est cheap (je l’ai acheté dans une vente de fin de saison à 1 $): il est désormais tout égratigné et la peinture est « éclippée », mais le nombre de poissons qu’il m’a sortis dans le seul printemps/été 2016 est hallucinant. Depuis ce jour, j’ai essayé avec bonheur plusieurs types de poisson flottant. Mon préféré à ce jour : les poissons-bâtons, que l’on utilise normalement pour la technique “Walk the Dog”. Parfait !

 

Photo no 5 : Exemple de poisson flottant qui sert normalement à la technique “Walk the Dog”.

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Pour la truite, sur le petit hameçon, j’ai tout essayé : des verres à truite (3 pouces), des criquets, des nymphes de même que des petits tubes. Tout fonctionne très bien. J’ai même réessayé un jujube aux fraises : j’en ai pris une ! Bien sûr, au fur et à mesure qu’avançait l’été, avec l’eau de plus en plus chaude, j’ai moins visité la petite rivière à truites. Cela ne m’empêche pas de rêver au printemps 2017.

Mon itinéraire n’est cependant pas terminé.  Dans le troisième article de cette série, je dévoile enfin le grand objet de ma honte et comment j’ai littéralement brisé des tabous et des interdits pour essayer quelque chose dont je rêvais depuis très longtemps. Suite et fin dans le prochain article.

 

Joël-Gh.

NOTE : Cet article est la version-mirroir d’un texte paru dans le forum de PêcheQC. Pour connaître le commentaire d’autres pêcheurs, consulter le présent post, ou encore mieux ! venez participer en vous inscrivant au forum.

  1. Très bonne idée. Je vais l’essayer à coup sur cette été! Merci

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  2. C’est vraiment une astuce a essayer.
    Merci de partager votre expérience.

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    • Une autre bonne astuce : J’utilise presque toujours une canne “un peu plus grosse” que nécessaire. Ex: une médium quand une médium light serait suffisante. Pour l’action, j’utilise toujours des “fast”. La raison : souvent, je peux parcourir de plus grandes distances, je suis prêt à tout et … avec cette technique : je reste subtil. De tout petits leurres peuvent être lancés très loin de cette manière, comme vous verrez dans le prochain article.

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  3. Salut Joel, malheureusement plusieurs de tes photos n’apparaissent plus ! C’est bien dommage !

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